Laura Lémerveil et Régis Malenfant.

M. Malenfant, pouvez-vous nous parler de votre parcours professionnel ?

Ma carrière professionnelle débute en juin 1963, à la suite de ma graduation en mécanique diesel. Ce furent mes premiers pas dans un travail à temps plein. Toutefois, ma carrière de mécanicien fut de courte durée, non pas parce que je n’aimais pas mon travail et les défis qu’il présentait, mais parce qu’une proposition inattendue s’offrait à moi. En juillet 1965, éducateur-laïc au Foyer Patro de Rivière-du-Loup, un centre résidentiel et communautaire qui offrait tout une gamme de services de loisirs et de sports, autant aux pensionnaires qu’aux résidents de la ville. Le Foyer Patro devient par la suite, en 1969, le Cégep de Rivière-du-Loup. J’y travaillerai, à divers titres, de 1965 à 1978. J’ai été succinctement directeur de la résidence, directeur de la résidence et des services alimentaires, directeur de la résidence et des services communautaire, directeur des services aux étudiants et adjoint au directeur des services pédagogiques. C’est aussi à cette époque que mon engagement comme bénévole a connu ses débuts. La seconde étape de ma carrière amorcée au ministère de l’Éducation, soit de novembre 1978 à juin 2005.

Quelle est l’expertise que vous offrez en tant que bénévole expert ?

Régis Malenfant

L’expertise que j’offre touche à tous les aspects de la gestion, et plus particulièrement la gestion des ressources humaines. À ce titre, depuis mon adhésion à Bénévoles d’Expertise (BE) en décembre 2013, j’ai accompagné quelques organismes pour la mise à jour des leurs emplois et de leurs processus de gestion en matière de ressources humaines (établissement des poids relatifs des emplois, équité salariale, processus d’évaluation, appel de candidatures, grilles d’entrevues…), mais aussi en ce qui concerne la gestion de leurs bénévoles (statut, avantages, formation, etc.). J’ai aussi accompagné des organismes dans la révision de leur mission et des règlements généraux afférents (énoncés de principes, valeurs, membership, etc.).

Depuis 2004, je collabore à la gestion quotidienne du Centre Jacques-Cartier (CJC) à titre de membre coopté (personne-ressource externe). Depuis très récemment, j’accompagne bénévolement le coordonnateur de l’organisme en tant que conseiller en gestion.

Qu’est-ce qui vous a amené à devenir bénévole expert ?

La rencontre de trois personnes fortement impliquées dans le milieu communautaire qui furent également mes mentors : Mesdames Johanne Beauvilliers et Nathalie Bouchard, ainsi que Monsieur Jacques Laverdière. J’ai rencontré ces trois personnes lorsque je suis devenu membre coopté du Centre Jacques-Cartier. Nathalie était coordonnatrice de la formation et Johanne, quant à elle, était coordonnatrice de Mères et Monde, tandis que Jacques était membre fondateur du CJC. Ces derniers ont su démystifier pour moi le « par » et le « pour », indissociables du milieu. Ils m’ont fait comprendre que l’empowerment était aussi pour moi, ce pouvoir d’agir qui fait partie de mes leviers de croissance personnelle.

La mise en place de Bénévoles d’Expertise se veut une très bonne ressource pour les organismes communautaires et une plus-value en ce qui concerne le bénévolat. Dès que j’ai été mis au courant du projet par Nathalie, je savais déjà où me diriger. Le projet rejoignait mes valeurs, sollicitait des pans entiers de mon expérience et m’offrait le plaisir d’accompagner de nouvelles personnes. J’ai donc exécuté plusieurs mandats en tant que bénévole expert chez Bénévoles d’Expertise, notamment pour l’organisme Laura Lémerveil.

M. Malenfant, vous nous avez mentionné ce pour quoi vous vous êtes engagé en tant que bénévole expert. Maintenant, qu’est-ce qui vous motive à poursuivre votre engagement bénévole ?

L’accueil chaleureux, l’ouverture au changement et les témoignages sincères de la pertinence des suggestions et des orientations proposées tout au long de l’accompagnement. Comme je le soulignais plus tôt, les personnes œuvrant dans le milieu communautaire possèdent souvent une très bonne connaissance et une forte expertise du domaine dans lequel elles sont engagées. Ce qui leur fait défaut, c’est avant tout une méconnaissance des processus de gestion, mais également une absence de comparatifs en la matière et du temps à y consacrer.

Très souvent, les initiateurs des services offerts aux personnes de leur milieu qui sont devenus, au fil des années, la mission d’un regroupement qui a muté en OBNL (organisme à but non lucratif), ont souvent gouverné à l’intuition, par essais et erreurs, et en collectif où ils s’échangeaient les rôles. Maintenant, ces organismes ont en moyenne dix ans. Les exigences de la reddition de comptes inversent maintenant l’approche : il y a des processus de gestion efficients à mettre en place, des orientations pluriannuelles à élaborer, des bilans annuels endossés par les administrateurs, etc. Les acteurs sont maintenant les membres qu’il faut dorénavant conserver, solliciter, satisfaire, et surtout, faire progresser.